Transcendance

Création d’un mythe, d’un objet de croyance. Il ne s’agit nullement de religieux, mais de sacré. (L’homme a dressé son premier menhir bien avant Dieu, et il continuera bien après.) Je souhaite, non sans ironie, offrir aux attristés de la modernité, aux déçus de l’abondance un kit de la transcendance. “Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l'éponge pour effacer l'horizon tout entier? Qu'avons-nous fait, de désenchaîner cette terre de son soleil? Vers où roule-t-elle à présent? Vers quoi nous porte son mouvement? Loin de tous les soleils? Ne sommes-nous pas précipités dans une chute continue? Et cela en arrière, de côté, en avant, vers tous les côtés? Est-il encore un haut et un bas? N'errons-nous pas comme à travers un néant infini? Ne sentons-nous pas le souffle du vide? Ne fait-il pas plus froid? Ne fait-il pas nuit sans cesse et de plus en plus nuit? Ne faut-il pas allumer les lanternes dès le matin? N'entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui ont enseveli Dieu? Ne sentons-nous rien encore de la putréfaction divine? – les dieux aussi se putréfient! Dieu est mort! Dieu reste mort! Et c'est nous qui l'avons tué!” Friedrich Nietzsche, le Gai Savoir. Donc, nous avons tué Dieu, bonne idée! Mais maintenant, s’est substitué au divin un sacré d’ordre; celui des institutions, et un sacré de communion, celui d’une coupe du monde. Mais ces rites ne font pas transcendance, ils sont ordonnés et temporaires. Ils ne répondent pas suffisamment aux besoins d’invisible, aux besoins d’impossible pour faire croire (marcher sur l’eau). Le kit de la transcendance est constitué de trois parties : une danse, un chant, et une sculpture dotée d’un écran. L’image de cet écran doit avoir une iconicité forte pour faire croire au regardeur. Car c’est du spectateur que le sacré provient.